Accueil > Réorganisations > SU > Déclaration préalable du Groupe de travail Bilan LCF/Renseignement du 15 mai 2007 .

 

Déclaration préalable

GT Bilan réforme renseignement 

Parler de LCF en Douane quand nous ignorons le devenir des services et des personnels à l’horizon de la prochaine semaine paraît tout à fait surréaliste. Il est peu dire que l’actualité politique met le feu à la maison douane, à tel point que même les belles structures mises en place par les réformes des dernières années ne seront certainement plus d’actualité d’ici la fin de l'année.

Mais fidèle à sa réputation, même pendant les travaux sur ses fondations, la douane continue de travailler.

Ainsi pourrait on se gausser de documents de travail à ce point déconnectés de la réalité de terrain que l’on frise la propagande la plus éhontée.

Ainsi pourrait on rire du fait que pour un groupe de travail traitant du renseignement, il n’est question que de structures, pas un instant de ce qui constitue sa réalité quotidienne. Devenu une «communauté», celui-ci détient un sésame, le SILCF : une application informatique sensée sauver le renseignement mais qui croyez vous berner par de telles fadaises ? Dès Septembre 2004, Solidaires Douanes vous avait pourtant alerté sur le fait qu'entamer une réforme en évitant de traiter de son objet central était nécessairement voué à l'échec. N’ayant traité que de la structure, le renseignement est en réalité le grand perdant de la réforme. Votre seul but a été de faire des gains de productivité, à l'image de ces brigades de recherches supprimées dont le travail de terrain a été définitivement perdu. Ainsi du plan Littoral qui a du être réactivé en catastrophe.

De même pourrait on pleurer (de rire) sur la DRD dont personne à ce jour n’est plus en mesure d’indiquer le rôle exact, le dévouement de ses agents ne servant plus qu’à empiler études statistiques sur études statistiques, 15 en 2005, 19 en 2006. Pire on a vu des divisions de la DRD devenir de véritables coquilles vides, par manque d'argent. Mais au bout du compte, en quoi la fraude s’en trouve t-elle contrariée?

Sans compter la puissante DOD qui aurait «les moyens de remplir pleinement son rôle» mais avec des effectifs en dessous des seuils minimum définis par la réforme, voilà qui est bien mal parti. Avec de plus un parc auto qui ne tient pas la route (sic) et un système de communication si défaillant qu'il en est dangereux, nous sommes loin de votre constat idyllique que l'incident de Rouen dément à lui seul.

Nous pourrions vous questionner une nouvelle fois sur ces expressions toutes faites comme par exemple la «grande fraude» dont aucune définition ne nous a jamais été donnée, sur la compatibilité des indicateurs de performance tels les P1 et P8 avec une politique rationnelle du renseignement, sur la réalité des collaborations interservices dont il n’y a bien que la Direction Générale pour prétendre qu’elles se déroulent dans un climat «constructif». Ainsi de la DED et des SRE en matière d'enquêtes. Comment expliquer que des sociétés en viennent à se plaindre qu'elles ne savent plus vraiment qui est en face d'elles et qui fait quoi en matière de contrôles ?

Nous pourrions nous énerver sur les disparités indemnitaires pour lesquelles rien n'a été fait notamment au sein des SRE, sur le statut d'emploi des agents SU des CROC, lesquelles CROC ne servent plus que d'outils de gestion à mille lieues du rôle opérationnel qui leur était initialement dévolu, sur les effets dévastateurs de la casse des CERDOC et notamment du lien entre différé et enquête qui en faisait la valeur ajoutée, contrôle différé voué soit disant à disparaître mais que la réforme OPCO a réactualisé.

Enfin pourrait on se moquer des résultats calamiteux en matière de renseignement, que vous Direction Générale ne parvenez même pas à cacher, tant il est vrai que la quasi-totalité des organisations syndicales vous avaient averti du péril majeur que vous faisiez courir, en détruisant notamment les structures de renseignement de régions entières. Sans oublier le clou du spectacle, le PNR et ses 3 axes qui demeureront dans les annales douanières : un pays majeur dans le commerce mondial (la Chine), des produits à fort enjeu fiscal (les produits pétroliers) conjugués à 3 modes exceptionnels de déplacement (maritime, terrestre et aérien). Il ne manquait effectivement plus que l'aérospatial. Au final, un tel plan se devait de rester confidentiel, pas vraiment hélas pour sa pertinence, mais pour lui éviter les moqueries de nos homologues étrangers.

On pourrait continuer ainsi longtemps … mais allez savoir pourquoi, votre présentation du village Potemkine LCF, son phrasé technocratique déconnecté des réalités, vos structurations alambiquées pour dissimuler le vide de votre pensée en la matière nous apparaît justement encore plus vide aujourd’hui qu’avant le 6 Mai 2007.

C’est sans doute dû à un de nos anciens ministres devenu depuis notre nouveau président de la République. Remarquez que quelque soit le résultat de l'élection, nous savions que nous allions «déguster», tant il est vrai que les frontières ayant, comme chacun sait, disparu, les douaniers sont payés à faire des cocottes en papier. L’heure n’est effectivement plus à la LCF, ni même d'ailleurs à la réforme OPCO que vous avez choisi comme une manoeuvre désespérée traduisant votre faillite réformiste de réactiver. Il faut sauver la maison douane, cette administration née de la révolution française, ses 19052 agents exercant près de 400 missions de service public, sa spécificité qu’un ancien ministre a décidé de sacrifier.

Des agents à la hiérarchie supérieure, l'honneur nous indique un seul choix: la mobilisation générale. Il en va de la sécurité de notre espace économique et de celle de nos concitoyens.

 

© Solidaires-Douanes 2007