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La réorganisation en 11 questions
Cet interview que Solidaires DNSCE a bien voulu accorder à Douane Intox nous permet de faire le point sur le projet de réorganisation. Ce sujet intéresse tous les agents. Si nous diffusons ces informations, ce n'est en aucun cas pour nous substituer aux autorités de la DNSCE dont nous sommes certains qu'elles sauront expliquer au personnel tout l' intérêt qu'il peut attendre de ce grand chantier de « l'ère Latombe Galy »
Douane Intox : Les 3 premiers groupes de travail en vue de réorganiser la DNSCE se sont tenus en 2001. Une deuxième vague de réunions a été organisée mi 2002. La reprise des discussions a été annoncée par le DR le 06 janvier 2003, un groupe de travail a été programmé dans la foulée pour le 20 février 2003 et la projection en effectifs du schéma proposé a été soumise à la DG. Dans l'attente d 'une réponse, le groupe de travail initialement programmé pour avril 2003 a été repoussé puis reporté jusqu'au ..... 31 mars 2005. Comment expliquer ces difficultés ?
Solidaires DNSCE : Essentiellement par la multiplicité des intervenants et par leur incapacité chronique à se comprendre. Trois sous-directeurs (A, B et C), une administratrice de l'INSEE, puis un chef de cabinet (sans oublier un strapontin pour le DR de la DNSCE), qui débattent sur des sujets aussi divers que la mission statistique de la douane, la politique du renseignement, l'organisation des développements en projets, l'identification des nouveaux métiers informatiques et l'évolution globale des effectifs, c'est aussi clair que les débats dans une cour d'école maternelle.
Douane Intox : Ce projet est donc certainement définitif et va engager l'administration sur une longue période ?
Solidaires DNSCE : Eh bien pas du tout ! Puisque ce projet n'aborde pas l'organisation des Bureaux Particuliers dont l'organisation est liée à la réforme en cours des AG. Il conviendra donc de réunir un nouveau CTP si cette réforme impacte les BP des centres informatiques.
Nous sommes donc dans un contexte que notre DR avait affirmé impossible: lors des très anciens groupes de travail, devant la situation de blocage rencontrée au sujet de la division des Etudes, nous lui avions en effet suggéré de présenter au CTP un projet de réorganisation sur les points qui ne posaient pas problème à l'époque (division statistique, fonctionnement).
« Droit dans son smoking » déjà!!!!, il nous avait indiqué qu'une réorganisation partielle ne pouvait pas voir le jour.
Douane Intox : C'est vrai qu'en 2002, l'organisation de la division du Développement divisait les tenants d'une organisation en pôles techniques et ceux qui militaient pour des pôles fonctionnels. Une solution intermédiaire avait été proposée en 2003. Comment ce point a-t-il été tranché?
Solidaires DNSCE : Comme on n'arrête pas le progrès, le mot division est remplacé par le mot pôle. Les chefs divisionnaires vont-ils être remplacés par des chefs polaires ? Cette angoissante question nous fait froid dans le dos.
Pour la division du développement, cela semble bien correspondre à l'esprit « auberge espagnole » de cette nouvelle entité. En effet le schéma proposé est des plus simplistes. Faisant preuve d'une imagination qu'on ne lui soupçonnait pas, l'administration propose une solution qui consiste finalement à rattacher les 65 agents (30 A et 35 B) plus quelques contractuels directement au chef de division dans une structure unique « PROJETS ». Le pôle Développement devient ainsi le plus important de la DNSCE en nombre d'agents ( 57 pour le pôle statistique, 66 pour le pôle fonctionnement et 69 pour le pôle développement).
Le paradoxe de cette réorganisation est que la division la plus importante n'est pas structurée alors que les 2 autres divisions comportent chacune 6 cellules de travail. Dans la division du développement, seules les cellules des 3 agents non TAI (secrétariat et infographie) sont identifiées. Tout le reste de l'activité est banalisé: pas de service recette, pas de maintenance, aucune référence à des pôles métiers ou techniques.
Douane Intox : Pourquoi s'étonner d'une organisation en projets alors que cette culture, désormais bien établie, est en train de faire ses preuves ?
Solidaires DNSCE : Ne confondons pas organisation en projet et foutoir intégral. Prétendre découper l'ensemble des activités de développement en projets et vouloir rattacher directement au divisionnaire leur gestion, leur coordination et leur suivi relève de la pure utopie. En réalité cette organisation entérine la main mise de la sous-direction C sur les méthodes de travail et sur le plan opérationnel des centres. Pour les agents, ce choix est synonyme d'instabilité et de remise en cause permanente puisque l'administration refuse de reconnaître la pérennité des structures. La notion de tableau interne n'a plus aucun sens. Place à la gestion au profil et à la polyvalence, d'où le danger de la mise en oeuvre de l'outil de flicage PWA de MS PROJECT.
Douane Intox : Concernant les autres services informatiques, ce nouveau projet est-il si différent des propositions de 2002 ?
Solidaires DNSCE : Le précédent projet supposait des créations d'emplois TAI alors que celui-ci n'en crée aucun. Du coup, la fameuse division transverse a disparu et avec elle exit les métiers de pilotage, de documentation technique, de recette, de gestion de configuration : ces missions sont donc pour la plupart intégrées à d'autres services essentiellement concentrés dans le pôle fonctionnement. Celui-ci ne comprend d'ailleurs pas que des effectifs TAI puisque le service courrier/PAO ( 1 B et 9 C administratifs) lui est rattaché. Le BCDC est dissout dans cette entité, et, même si des tâches résiduelles subsistent, la structure disparaît.
L'organisation de ce pôle fonctionnement est originale sur deux points. D'une part, une volte face sur la séparation des groupes administration des systèmes et réseaux, critiquée par les OS à l'époque mais soutenue ardemment par la direction locale. Finalement les groupes systèmes et réseaux sont à nouveau réunis sous un vocable à la mode « Ingénierie » qui regroupe aussi le pôle sécurité. Beaucoup d'explications avaient été fournies pour justifier la séparation, beaucoup moins pour expliquer ce revirement.
Les missions du responsable sécurité décrites à deux reprises de façon différente ne font pas mentir l'adage « ce qui se conçoit bien s 'énonce clairement », la confusion mentale sur ce sujet ne laisse rien présager de bon quant à la sécurité du système d'information de la DNSCE.
D'autre part, les agents TSI, rattachés dans l'actuelle organisation au département systèmes/réseaux puis dans le projet de 2003 au département réseau/sécurité, sont maintenant regroupés dans le même département que ceux de l'exploitation. Cette trouvaille cache certainement un trait de génie qui laisse pantois tous les spécialistes de la synergie des services.
Gageons que les agents TSI resteront lucides et ne confondront pas un micro et l'IBM central.
Douane Intox : Cette organisation qui répartit les services informatiques en pôle de développement et pôle de fonctionnement est finalement assez classique. Est-elle désormais harmonisée avec celle du CID ?
Solidaires DNSCE : Pas du tout et cette situation est assez révélatrice de l'inconstance et de l'incohérence des choix de l'administration. La direction du CID a été réorganisée en 2004 avec comme principale nouveauté la création d'une division « Maintenance et Supports aux utilisateurs » qui regroupe le Service d'Assistance aux Utilisateurs et les équipes de maintenance des applications. Ce rapprochement visait à améliorer la réactivité dans le service rendu à l'utilisateur. Dans le projet proposé pour la DNSCE, le SAU est rattaché à la division du fonctionnement et les « mainteniciens » sont globalisés dans les effectifs de la division du développement. Du coup, la situation est exactement contraire à l'objectif recherché dans l'organisation du CID, à savoir identifier clairement les besoins de maintenance et mieux maîtriser les calendriers des nouveaux projets en n'y affectant pas des agents multi-casquettes. Les justifications, dont est toujours capable notre DR local - du style, « la DNSCE n'est pas comparable au CID car la mission statistique y est prépondérante » -, ne tiennent pas la route devant ces contradictions.
L'interprétation la moins pessimiste consiste à supposer que l'administration expérimente deux solutions opposées pour tester la meilleure des deux, ce qui laisse rêveur quant à la capacité de nos dirigeants à se projeter dans l'avenir.
Douane Intox : Faut-il finalement en conclure que les modifications les moins importantes concernent la division statistique, dont la création était une des premières motivations de cette réorganisation ?
Solidaires DNSCE : L'organisation et les missions des départements collecte et contrôle sont effectivement identiques au projet initial. La fonction « actualisation des bases » est désormais confiée au département « collecte » et les missions des actuels départements CAP et GSP sont reprises dans le service « validation du chiffre », rattaché au nouveau département « Contrôle de l'information statistique ». De nouvelles missions de veille économique et de contrôles ciblés liés à l'activité économique ont été ajoutées à ce service, une façon comme une autre de justifier le contenu de la lettre de mission du nouveau chef de division, mais dont il faut reconnaître qu'elles peuvent être valorisantes pour les agents DNSCE.
Malgré tout, là aussi, les deux années écoulées expliquent quelques évolutions comme la suppression du BCDC. La disparition de l'ex-futur service « relations aux entreprises » nous surprend d'autant moins que nous n'avions pas encore compris à quoi il devait servir. La suppression du CRS est la conséquence du débat sur la gestion du renseignement en douane qui a débouché sur la création de la cellule Info Douanes Service à Prouvy (cf CTPC du 17/02/2005).
Le CRS est remplacé par un service appelé « diffusion de l'information statistique », chargé de la gestion des abonnements et d'un pré-tri sur les renseignements généraux, mission quelque peu nébuleuse. La mission « standard téléphonique », éternel mistigri de la DNSCE, est transférée au BP (service général).
Douane Intox : Les travaux précédents n'avaient jamais abordé avec précision la répartition des effectifs. Au bout du compte, quelles en seront les conséquences pour le personnel ?
Solidaires DNSCE : Contrairement à ce qui avait été annoncé dans un premier temps, la DNSCE perd 5 agents implantés. Ceci étant, nous prenons acte d'un repyramidage conséquent des effectifs qui correspond à notre revendication globale sur la reconnaissance de la requalification des agents.
Globalement 25 emplois de C sont supprimés, transformés en 9 emplois de B et 16 A. Ces transformations d'emplois sont à peu près également réparties sur les effectifs administratifs et TAI.
Mais l'administration ne dit surtout pas comment la cible sera atteinte, d'ailleurs, le sait-elle elle même?
La banalisation des emplois de RP2 semble confirmée puisqu'ils ne sont plus différenciés des autres postes de catégorie A. Leur implantation pourra donc fluctuer selon le profil des agents et au bon vouloir du DR. A ce sujet nous ne pouvons que le féliciter sur son sens de l'anticipation puisque c'est déjà ainsi qu'il gère cette catégorie de personnel.
Concernant la nouvelle répartition des qualifications TAI, les créations s'opèrent par remplacement des primes implantées de dactylocodeuses, le CSD étant réduit à 8 emplois TAI, monitrices comprises.
Douane Intox : En résumé, vers quelles tâches les effectifs ont-ils été réorientés en priorité ?
Solidaires DNSCE : Le renforcement est essentiellement sensible dans 3 services TAI, à savoir la division du développement qui est renforcée de 16 agents (comparaison avec l'ancienne division des Etudes et les service des DP), le service Ingénierie (+ 6 agents par comparaison avec l'ancien département systèmes/réseau diminué de la cellule TSI), le SAU (+ 5 agents par rapport à la situation actuelle).
Ces effectifs sont prélevés essentiellement au CSD et à la production/planification/EDI.
Le SILCF ne faisant pas l'objet d'une structure particulière, son intégration définitive dans les services de la DNSCE se fera donc à effectifs constants où ,quand, comment? Encore un marché de dupes !
Douane Intox : Quelles devraient être les conséquences concrètes de cette réorganisation pour les personnels ?
Solidaires DNSCE : La première conséquence pratique sera un redéploiement géographique des services dans les étages de la DNSCE. Nul doute que ces déménagements s'accompagneront aussi de leur lots de surprises, d'ordres suivis de contre ordres, de décisions concertées, d'autres imposées. La seconde, beaucoup moins certaine, devrait être la mise en place d'un véritable plan de formation destiné à permettre aux agents concernés de s'insérer dans leur nouveau cadre de travail.
Les effets du repyramidage, souhaitable en lui-même, risquent d'être dévastateurs.
Nul doute que l'administration trouvera un dosage subtil, de préférence à dose homéopathique, de sorte que l'organisation cible ne soit atteinte que dans quelques années.
C'est une technique éprouvée qui peut tenir en haleine mais qui peut aussi démotiver les agents ....qui doivent de toutes façons rester méfiants car ceux qui promettent aujourd'hui ne seront pas là demain!!!!
Bref, la réalité de la DNSCE est en décalage avec l'organisation depuis plus de 4 ans. Et il lui faudra autant de temps pour se mettre en conformité avec la nouvelle.... à condition que rien ne change d'ici là.
Douane Intox : Que faut-il attendre du groupe de travail du 31/03 ? Sera-t-il l'occasion pour les représentants du personnel de faire améliorer ce projet ?
Solidaires DNSCE : Les premiers groupes de travail ont pu laisser croire à une réelle volonté de dialogue. Très vite, l'exercice s'est transformé en véritable déni de concertation. Le projet présenté aujourd'hui a été arraché aux forceps et correspond au plus petit dénominateur commun des différents intervenants. Les organisations syndicales n'ont pas été jusqu'à ce jour associées à cette nouvelle mouture.
Le DR a déjà programmé au 3 mai le CTP de réorganisation, ce qui est incompatible avec une quelconque modification.
La table est mise avec menu unique. Il serait donc tout à fait inutile et peu sérieux d'aller dans ces conditions négocier la couleur de la nappe.
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