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Compte rendu du groupe de travail
du CTPM sur la formation
SNUI - SNUCCRF – SOLIDAIRES DOUANES - SU. AU TRESOR - SUI
SUD ADMINISTRATION CENTRALE MINEFI –SUD CDC – SNABF –
SUD INSEE
Ce groupe de travail réuni à l’initiative de la DPMA
devait traiter des nouvelles orientations définies pour le cycle
ministériel de formation initiale, et poursuivre les discussions
autour de la publication du rapport Hüe sur la formation et le recrutement.
Pour illustrer les difficultés auxquelles nous sommes confrontés
dans la période en matière de qualité du dialogue
social, la FDSU a mis en exergue l’action des enseignants de l’ENI
et de l’ENC qui dénoncent le manque de dialogue autour de
la politique de formation et la remise en cause des conditions d’exercice
de leurs missions. Pour la FDSU, le conflit dans les écoles de
la DGI est révélateur d’un malaise profond, où
les acteurs de la formation ont le sentiment de ne pas être écoutés,
voire respectés dans leurs missions. Ce ne sont pas les quelques
réunions qui se sont tenues entre Didier Hüe auteur du rapport
et les fédérations syndicales qui peuvent gommer ce déficit
de dialogue et de concertation. La FDSU n’a cessé de le répéter,
pour élaborer l’esquisse d’un nouveau plan d’action
fixant notamment une série de propositions concrètes visant
à modifier les modalités de recrutement et à mieux
adapter le système de formation à l’exercice des métiers,
le rapporteur se devait d’auditionner des chargés d’enseignement,
des représentants des stagiaires, d’alimenter son travail
d’analyse en se référant aux divers procès
verbaux des organismes paritaires des écoles. Mais rien de tout
cela n’a été fait. La lettre de cadrage du secrétaire
général du Minéfi à Didier Hüe orientait
clairement les objectifs à atteindre ; mais elle insistait aussi
sur l’appréciation de la faisabilité du plan d’action
ainsi élaboré. Force est de constater que l’analyse
de fond et l’étude de faisabilité ont été
limitées à une approche d’appareil. La FDSU ne peut
donc que condamner un rapport qui instaure des vérités controuvées
!
En réponse à nos critiques et en écho au malaise
des enseignants de la DGI, le directeur de la DPMA a joué la carte
de la mauvaise foi, se réfugiant derrière l’audition
au niveau ministériel des fédérations syndicales
avant la rédaction du rapport et le caractère très
DGI du conflit opposant les enseignants à leur hiérarchie.
Pour lui, il n’y a pas de corrélation entre la décision
de la DGI d’instaurer un contrat de trois ans pour la mission de
chargé d’enseignement et le rapport Hüe qui préconise
par ailleurs un contrat. C’est "Hu"buesque !
Le point principal inscrit à l’ordre du jour de ce groupe
de travail portait sur la rénovation du CMFI. La FDSU a souligné
que ce cycle de formation, depuis 10 ans, subit tous les ans des réaménagements.
Malgré cela, des critiques sévères demeurent. Toutefois,
pour la FDSU, l’objectif initial qui vise à faire du CMFI
un portail d’entrée au Minéfi où tous les stagiaires
peuvent se rencontrer, débattre, découvrir ensemble les
missions de leur ministère est globalement atteint. Ce que les
stagiaires dénoncent, ce sont les conférences, les modules
d’enseignement trop abstraits, trop confus, parfois trop denses.
L’intérêt des inspecteurs élèves pour
le CMFI est réel, mais il se perd parfois dans les méandres
d’une construction trop académique et technocratique. De
ces critiques, la DPMA n’a rien retenu, au contraire, elle a élaboré
un nouveau CMFI qui, pour sa première et deuxième phase,
restera très éloigné des attentes des stagiaires.
Pour les obliger à adhérer à sa construction, l’administration
ne sachant pas comment capter leur intérêt spontanément,
va le capter en intégrant les enseignements du CMFI dans le programme
des contrôles des connaissances directionnelles. Le CMFI fera donc
l’objet d’un contrôle des connaissances noté
! La FDSU a vivement critiqué cette approche, qui renforce d’avantage
les dérives constatées en matière de contrôle
des connaissances, qui infantilise les jeunes cadres (qui au demeurant
sont encadrés comme des enfants en maternelle), qui ne résoud
pas la question de fond « comment rendre le CMFI pertinent ? ».
La FDSU a rappelé qu’une tentative visant à soumettre
le CMFI au contrôle des connaissances avait avorté il y a
10 ans, faudra t’il encore une action déterminée et
forte pour faire plier l’administration ? Sûrement ! La FDSU
fera tout pour que les formations des jeunes agents A et B du ministère
soient enfin construites autour de véritables politiques pédagogiques.
La rénovation du Cycle Ministériel de Formation Initiale
(CMFI).
Les propositions de la DPMA :
La DPMA entend inscrire la rénovation du CMFI dans la durée,
pour ce faire elle a retenu le scénario suivant consistant à
construire un cycle ministériel global de cinq semaines et à
intégrer les matières traitées dans le cursus de
formation initiale des élèves. Pour bien marquer la rénovation
entreprise, la DPMA souhaite donner un nouveau nom au cycle ministériel
de formation.
Un cycle sur 5 semaines :
- 1ère phase : deux semaines en septembre avec brassage des élèves
et des enseignants. Ce cycle sera construit autour d’une enveloppe
de 59 heures comprenant deux cursus. Le cursus 1 : « le ministère
: ses missions et son organisation dans un environnement en évolution
» traitera les grandes missions du Minéfi, les finances publiques,
la Moderfie, les aspects historiques du Minéfi, les facteurs de
modernisation de la fonction publique et du ministère, l’environnement
(national, européen, mondial), les partenaires (entreprises, collectivités
locales), l’organisation générale du ministère,
la vie du ministère (ressources, effectifs, méthodes de
travail, dialogue social …). Ce cursus se clôturera par une
visioconférence-débat sur Bercy en Mouvement. Le cursus
2 : « Le Cadre – un fonctionnaire du ministère »,
traitera le statut et son évolution, les droits du fonctionnaire,
la déontologie, la responsabilité du fonctionnaire et sa
protection juridique, la pratique professionnelle avec, en illustration,
des «témoignages métiers» de cadres expérimentés
mais aussi de jeunes cadres. Ce cursus sera clôturé par une
visioconférence-débat sur la sociologie des organisations
appliquée à l’administration française d’Etat.
Commentaires : La FDSU s’est inquiétée de la chronologie
de ce cycle sur deux semaines avec un volume de 59 heures. En effet, le
1er septembre 2004 étant un mercredi, un CMFI sur deux semaines
limitait l’exercice sur 8 jours soit un volume de travail très
chargé et irréaliste en terme de logique pédagogique.
Après avoir souligné que les stagiaires pouvaient bien absorber
30 heures de cours par semaine, le directeur de la DPMA a précisé
que le prochain cycle ministériel serait organisé du 1er
au 16 septembre 2004. Le contenu des cursus n’a pas été
abordé, mais pour la FDSU, nous sommes très loin de ce qui
devrait être fait.
- 2ème phase : une semaine en mai-juin dans chaque école,
sans brassage des stagiaires mais avec des enseignants n’appartenant
pas nécessairement à cette direction. Cette semaine sera
consacrée aux problématiques communes : moderfie et mesure
de la performance, politique au service de l’usager, techniques
managériales.
Commentaires : la FDSU estime que le renforcement de la durée
des enseignements du CMFI ne doit pas se faire au détriment des
formations directionnelles déjà très chargées.
La question de l’allongement de la durée des formations initiales
se pose pour certaines catégories de stagiaires. La FDSU a noté
cependant avec satisfaction que ses réserves sur le brassage des
stagiaires entre les différentes écoles et à cette
période de la scolarité avaient été prises
en compte.
- 3ème phase : deux semaines consacrées à la découverte
des partenaires des autres directions (CP, DGDDI, DGCCRF, la DPMA entend
organiser des stages croisés entre deux directions autour de thèmes
communs) et du monde extérieur (partenaires externes au Minéfi
– procureur de la république, collectivité locale…).
Ces deux semaines interviendraient pendant la période de formation
initiale (théorique ou pratique).
Commentaires : La FDSU a toujours défendu l’approche pratique
du CMFI, soulignant que trop souvent les stagiaires étaient privés
de cette opportunité de découvrir des services extérieurs
à leur direction d’affectation. Néanmoins, cette découverte
doit se faire autour de projets pédagogiques.
Pour que le nouveau CMFI s’inscrive dans la durée et que
ses objectifs soient effectivement atteints, la DPMA entend mettre au
point un protocole, approuvé par le secrétaire général
du ministère (visa en mars 2004), et fixant notamment le séquençage
du CMFI, les objectifs pédagogiques, l’organisation des stages
d’immersion de deux semaines. Pour la FDSU, l’élaboration
d’un protocole ne semble pas être la solution en terme de
pédagogie.
Pour bien montrer que le CMFI a été rénové,
la DPMA envisage de lui donner un nouveau nom, qui, pourrait être
CMFC « cycle ministériel de formation des cadres ».
Dans le contexte actuel de Bercy en Mouvement, il est évident que
la DPMA entend marquer les esprits des jeunes agents sur l’étendue
de leurs responsabilités : faire vivre la réforme. Notons
au passage, que la notion d’encadrement sera somme toute marginale
pour beaucoup d’entre eux.
Concours communs : une décision du Ministre
Le rapport Hüe part du postulat que le principe d’organiser
des concours communs pour le recrutement des agents de catégorie
A, B et C du ministère est désormais largement accepté
et il est vrai, que les cadres supérieurs auditionnés n’ont
pas été très réticents sur le principe. Pour
le rapporteur, l’organisation de concours communs présente
deux avantages majeurs, une gestion plus économe des coûts
et l’amorce d’une nouvelle culture ministérielle.
Lors du groupe de travail DPMA du 25 novembre, la FDSU avait largement
fait part de son opposition à l’organisation de concours
communs. Nous avions dénoncé la méthode quelque peu
choquante visant à annoncer, à la sauvette et à la
fin du CTPM de novembre, que le principe d’organiser un concours
commun pour les agents C avait été retenu par le Ministre.
Sur ce point, le Ministère semble vouloir passer en force, quitte
à faire l’impasse sur sa pratique de la pseudo concertation.
Disons le clairement, sur la question des concours communs, il n’y
a nullement de dialogue sur le fond, et les oppositions marquées
par les fédérations syndicales du Minéfi, ne semblent
pas interpeller le Ministre. Quant au Directeur de la DPMA, il considère
que le groupe de travail du 25 novembre a permis de noter les divergences
et notre opposition sur le principe, ce qui a conduit le Ministre à
différer d’un an l’organisation du concours commun
C afin qu’il y ait une concertation sociale. Mais les raisons de
ce retard à l’allumage dans l’organisation du concours
commun C sont probablement ailleurs ; en effet, la loi de décentralisation
et les réflexions sur le transfert de la gestion des agents C sous
l’égide du préfet obèrent quelque peu les projets
du Minéfi. A ce groupe de travail du 30 janvier, le directeur de
la DPMA a annoncé que le CTPM du printemps serait décisionnel
en la matière, qu’il fallait d’ici là , harmoniser
entre la douane, la DGI et la CP les statuts des agents C. Une réunion
technique et un nouveau groupe de travail technique devraient être
programmés avant le CTPM. Mais il est évident que pour le
ministère, la messe est dite, et les propos du Ministre sur la
nécessité de mettre des moyens et des structures adaptés
aux concours communs le démontre. Pour la FDSU, nous ne sommes
nullement en communion avec les projets de la DPMA !
Synergie entre les établissements de formation.
Le rapport Hüe, le préconisait, la DPMA l’a fait !
Le club des directeurs a vu le jour, il s’organise autour d’un
programme de travail précis visant à améliorer et
rationaliser le système de formation initiale du ministère.
Il se réunira tous les six mois, sous pilotage de l’IGPDE.
Ainsi, les premiers travaux de ce club semblent avoir débouché
sur des harmonisations à opérer en matière de module
de formation (comptabilité, analyse financière, management..),
sur la création de modules communs (découverte des entreprises),
et sur l’élaboration d’un module type CMFI pour les
cadres B et C.
Pour la FDSU, le club des directeurs ne trouvera sa légitimité
qu’à la condition expresse que ses travaux soient transparents
et alimentés par des échanges et un dialogue au niveau directionnel
et des écoles. Pour la FDSU, les directeurs des établissements
de formation ne peuvent légitimement construire l’avenir
de la formation initiale si en amont il n’y a pas concertation avec
les représentants des enseignants, des stagiaires.
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