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Groupe de travail Marins du 13 septembre 2002
Formation des chefs de quart et des marins ponts


Pour assurer les parties pratiques des formations maritimes, l'ENBD dispose de 3 bateaux qui composent le groupe-école :
- un navire à deux ponts de 29 m l'Aunis (DF1),
- un voilier (ketch) de 16,5 m La Louisiane (DF2),
- et un bateau de manœuvre, le Pingouin.

"L'Aunis, construit en 1962, présente des signes de vieillissement. Suite à une visite de sécurité effectuée en juillet 2002, le bureau VERITAS a limité la validité de son certificat de franc bord au 20 septembre 2002. D'importants et coûteux travaux ont été évalués par cette société en particulier pour la remise en état de la cuve à eau douce sans qu'aucune assurance puisse être donnée sur l'avenir de ce moyen. Par ailleurs, ce bateau a fait l'objet de dépenses importantes au cours de ces dernières années (coût moyen annuel de fonctionnement 250 000 F s'y ajoutant près de 400 000 F pour l'entretien courant (radar, gyrocompas, stabilisateurs, désamiantage etc.)". Voici ce qu'écrit la DG dans la note de préparation au groupe de travail. La DG conclue que ce moyen ne peut qu'être réformé. Notons que c'est exactement ce que dit le rapport de VERITAS qui limite d'ailleurs la viabilité de l'Aunis au 13 septembre et non au 20 septembre ! ! !

Fortuitement, la DG se trouve confrontée à deux difficultés. La première concerne l'éventuel remplacement du bateau : définition du besoin, délai d'appel d'offre, passation des marchés et construction. La seconde difficulté porte sur le suivi des formations chefs de quart et de marins pont.

Sans bateau, la formation continue… il reste la mer !

Pour éviter de boire la tasse, l'administration a pris dans l'urgence une série de mesures visant à pallier les carences du dispositif pour les chefs de quart et des marins ponts.
Actuellement la formation des chef de quart se déroule en deux temps. D'abord à l'ENBD durant 16 semaines, le candidat chef de quart reçoit une formation théorique mais aussi pratique en navigant 30 heures en " fonction une " (c'est à dire en position de chef de quart à la passerelle assurant le suivi de la navigation en toute circonstance). Le contenu du programme de cette première phase est défini par une convention ENBD/EMN (Ecole de Manœuvre et de Navigation de la Marine nationale).
Dans un second temps les agents retenus se rendent à l'école de manœuvre et navigation (EMN) de Lanvéoc-Poulmic. Cette formation est sanctionnée par la délivrance d'un certificat d'aptitude de quart à la passerelle. A l'issue de ce stage, les agents sont affectés dans une unité maritime en qualité de chef de quart et suivent un stage embarqué qualifiant de 12 mois. Si au terme de ce cursus les agents sont jugés définitivement aptes aux fonctions de chef de quart, l'administration des douanes propose à la marine nationale de leur attribuer le brevet supérieur de navigateur.
En raison de l'indisponibilité de l'Aunis et dans l'attente de son remplacement, l'ENBD n'est plus en mesure d'assurer la pratique prévue dans la phase une. Afin de maintenir la session 2002-2003 du stage chef de quart, une concertation a été engagée avec l'EMN qui a accepté de déroger à la convention EMN/ENBD. Une " corvette sèche " (ou simulateur) permettra d'assurer pendant une semaine la formation pratique phase 1 des chefs de quart.

Chaque stagiaire pourra ainsi accomplir sur simulateur 16 heures de " fonction une " et 16 heures de " fonction deux " (barreur) puis 15 heures à la mer (fonction une et deux) sur un bâtiment d'instruction à la manœuvre (BIM) de la Marine nationale. L'encadrement des stagiaires pendant cette formation pratique sera assurée par les chefs de quart du groupe école et les instructeurs de l'ENBD (préalablement initiés à l'utilisation du simulateur par l'EMN).

S'agissant des marins pont, la durée du stage est de 15 semaines à l'ENBD. Il y a annuellement deux sessions (janvier - mi-avril et mi-avril - fin juillet). Chacune est composée de 12 stagiaires. Les sorties en mer sont en moyenne au nombre de 4 par stage ; durée de chaque sortie : 72h00, soit 288 heures dont 50% d'entre elles en heure " moteur ". Configuration pendant les sorties : 8 stagiaires embarqués sur la DF1 " L'Aunis " et 4 sur la DF2 " La Louisiane ".

Avec la disparition de L'Aunis, la solution retenue par l'administration combine un minimum de quatre sorties en mer sur VGC et voilier et un complément de formation à " la pratique du pneumatique, les contrôles et la sécurité ". S'agissant des sorties en mer, elle s'effectueront en deux parties de 48 heures. La première partie sur la DF45 (VGC basée à La Rochelle) dont 50% en heures moteur et la seconde partie sur la DF2 (La Louisiane, voilier de l'école). Le simulateur devient la DF1. Soulignons qu'en cas de problème avec la DF45 de La Rochelle l'administration fera appel à la VGC de Royan.

Cette solution présente quelques inconnues.

D'abord concernant le simulateur il ne permet pas de simuler tout y compris le mal de mer ! ! ! La pratique de simulateur dans d'autres écoles est toujours complété par un très grand nombre d'heures de mer. En clair, la Nitendo n'est pas totalement adaptée.
L'utilisation de la VGC de La Rochelle va obérer ses capacités opérationnelle pour 6 fois 48 heures dans l'année. D'une part il y a deux stages de marins de 12. Ensuite, les marins pourront effectuer leur partie pratique sur cette vedette uniquement par groupe de 4 car le nombre de personne embarqué est limité. Or, pour les stages outre les stagiaires se trouveront sur la vedette les formateurs mais aussi une partie de l'équipage. Les limites de sécurité pourraient rapidement être atteintes dans certaines circonstances, certainement les plus dangereuses. L'administration a semblé soucieuse mais visiblement le goût du risque l'a emporté.
L'utilisation de la VGC de La Rochelle est aussi beaucoup plus coûteuse en carburant que l'actuel bateau école. Selon certains marins, le coût d'utilisation de la VGC serait supérieur au coût des réparations à effectuer sur l'Aunis… d'autant qu'il faut ajouter le coût de l'immense pneumatique que veut acquérir l'administration (au minimum 300 000 francs, encore une inconnue).
Enfin, l'administration à eu raison d'envisager d'éventuellement recourir à la VGC de Royan car la VGC de la Rochelle a aussi besoin d'entretien…

Promesse de renouvellement du bateau

L'administration promet de renouveler ce bateau dans un délai de 18 à 24 mois en indiquant néanmoins que le moyen retenu ne sera certainement pas identique à l'existant. L'affaire n'est pas mince car elle détermine à terme, la vocation de l'ENBD à participer à la formation navale. Plusieurs représentants du personnel ont émis de sérieuses réserves sur la réelle volonté de l'administration en la matière.
Cette situation met en évidence, l'absence de gestion prévisionnelle des moyens de la surveillance de la part des principaux responsables de l'administration depuis des années. Depuis lors 10 ans, des rapports font état du caractère obsolète de l'Aunis ! Ajoutons que cette affaire survient très peu de temps après la restructuration de la Division Aéroterrestre (DAT). Pour mémoire, en 2001, l'administration " découvre " que les avions de la DAT sont l'objet de panne, qu'il faut prendre une pièce sur l'un pour équiper l'autre, que les budgets ne seront jamais plus à la hauteur des dégâts… L'administration décide donc la suppression de trois bases sur quatre (Dijon, Pau et Toulouse). Nous ne le contestons pas l'administration ne peut tout prévoir. Toutefois la carence qui vise les moyens lourds de la surveillance est des plus extraordinaire.
Enfin, la DG a annoncé le quadruplement de la prime de carénage pour le 1er janvier 2003 ce qui constitue une bonne nouvelle mais ne nécessitait pas forcément un groupe de travail.

 

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