Compte rendu groupe de travail personnels TAI du 04/12/02
Le dossier des personnels informaticiens est depuis de nombreuses années
le sujet de nombreuses polémiques sans pour autant faire l'objet
d'une vraie réflexion.
Ainsi ce lancinant sujet a souvent été mis en avant par
l'administration pour expliquer les difficultés de mise en œuvre
de la Politique informatique douanière.
Le groupe de travail du 4 décembre a eu le mérite d'amorcer,
un peu tard à notre goût, une réflexion sur ce sujet.
Une approche prudente :
L'administration a souhaité, par mesure de prudence, commencer
par un état des lieux de la situation des personnels informatiques.
Répondant à une critique, Monsieur Bonnet (chef de la Sous-Direction
A) s'est justifié sur l'absence de proposition claire dans les
documents de travail en précisant que sa démarche n'était
pas d'arriver avec un dossier déjà ficelé.
Il a d'ailleurs tenu à réaffirmer que l'objectif de cette
première rencontre, n'était pas de prendre des décisions,
mais de s'accorder sur un bilan.
La méthode :
Nous avons souhaité intervenir sur la méthode employée
pour aborder ce dossier. A écouter les représentants de
l'administration et à la lecture des documents de travail nous
nous sommes interrogés sur la signification d'un bilan qui semble
partir de zéro et faire table rase du passé, même
récent.
Il nous a semblé en effet difficile de croire que l'administration
ne s'est pas inspirée des réflexions menées dans
le cadre de Douanes 2005. Les réflexions engagées au CID
et à la DNSCE ont été menées avec des méthodes
différentes et ont débouché sur des résultats
très différents.
Les propositions issues du CID ont été élaborées
dans un large consensus et ont débouché sur la mise en place
d'une enquête d'opinion auprès du personnel.
Les propositions de la DNSCE ont été rédigées
par la Direction en désaccord avec les représentants du
personnel (mise en place de concours régionaux, mutation par qualification,…..)
Face à nos interrogations Monsieur Bonnet n'a pu qu'admettre que
l'on ne partait pas de zéro.
Le chef de la Sous-Direction A a proposé de suivre le plan des
documents de travail remis aux représentants du personnel et de
mener les débats autour des thèmes suivants, tout en précisant
qu'un seul groupe de travail ne suffirait pas à balayer l'intégralité
du sujet :
· I Le cadre technique "tout internet".
· II Le cadre réglementaire et institutionnel.
· III L'état quantitatif et qualitatif des
effectifs et des compétences.
· IV La gestion prévisionnelle des emplois
et des compétences des personnels informaticiens.
I Le cadre technique "tout internet":
Monsieur Latombe a brièvement commenté le document de travail
qui présentait les grands axes de sa politique informatique destinés
à rénover l'informatique douanière dans le cadre
du "tout internet ". Cette politique s'articule du point de
vue technique autour de deux filières, ASP pour les développements
rapides et J2EE pour les développements métiers lourds.
Le chef de la division C a également insisté sur le rôle
important de l'activité de soutien des utilisateurs qui s'appuie
sur les SAU des centres et sur les TSI qui se voient confier de nouvelles
missions en raison de leur proximité avec le terrain.
Positionnement des TSI dans la chaîne du soutien aux utilisateurs
:
Monsieur Latombe souhaite inclure fortement les TSI dans la chaîne
de soutien aux utilisateurs en raison de leur proximité avec le
terrain. Il pense que cette mesure est propice à réduire
la charge de maintenance des centres qui représente aujourd'hui
60 % de leur activité.
Le déploiement du réseau étant presque terminé,
il souhaite qu'ils puissent s'impliquer davantage dans le soutien applicatif.
Devant notre scepticisme sur l'adéquation entre les effectifs des
cellules TSI et les objectifs poursuivis, il nous a fait remarquer que
des marges de manœuvre doivent exister puisque certains parviennent
consacrer du temps à des développements.
Pas de volonté de remise en cause des missions des centres
:
Avant d'aborder le sujet de la réforme de la politique
informatique Douanière, les représentants du personnel ont
souhaité savoir si les missions des deux centres allaient être
remises en cause ou étaient susceptibles d'évoluer à
court ou moyen terme. En indiquant que des rumeurs de départ de
la chaîne statistique pour l'INSEE courraient déjà
depuis plusieurs années.
Monsieur Latombe a précisé que les missions des centres
n'allaient pas connaître d'évolution dans leur mission qui
était celle du maintien du SI, même s'il souhaitait un certain
équilibrage en terme de développement.
Abstraction du passé:
Il nous est apparu important de revenir sur la manière dont le
document de travail était présenté. Ce document préparatoire
ne comporte en effet, aucune analyse de l'historique ni des échecs
précédents. Il nous semble que cette démarche n'est
pas neutre et que ce passé pèse lourdement sur les agents
des centres. Il n'est pas acceptable de prendre prétexte d'un changement
de technologie pour changer les règles du jeu en matière
de gestion du personnel.
Monsieur Latombe réaffirme la coexistence des filières
ASP et J2EE:
Nous avons interrogé le responsable de la division C pour savoir
si de son point de vue la Douanes avait la capacité d'avoir deux
filières étant entendu que la technologie ASP était
actuellement délaissée par de nombreuses entreprises au
profit de la technologie "point net".
Le chef de la Sous-Direction C nous a expliqué que
plus de trois millions d'utilisateurs développaient en ASP dans
le monde et que même si Microsoft poussait du point de vue commercial
vers "point net" il fallait à la Douanes une filière
de développement simple.
Selon lui notre administration compte dix applications complexes et 120
qu'il est possible de développer avec des outils simples.
Il ne sait pas si tous les agents seront en capacité de s'adapter
à ces deux technologies et souhaite avancer progressivement. Le
Marché évolue indépendamment de la Douanes c'est
pourquoi il est nécessaire de se focaliser autour de ces deux filières.
Les entreprises qui font le choix d'une seule filière lourde s'exposent
à la multiplication des développements locaux.
Retour au plan.
II Le cadre réglementaire TAI
Madame Orange-Louboutin a dressé un rapide bilan du cadre réglementaire
actuel qui, bien que
rigide et jugé peu adaptable aux nouveaux besoins de l'informatique,
doit servir de référence à la réflexion en
cours.
La multiplication des qualifications a complexifié le système
et rendu sa gestion plus difficile. Monsieur Bonnet compare ce système
à une "machine à distibuer des primes" mais constate
en même temps qu'il n'incite pas forcément à progresser.
Selon lui, il ne faut pas attendre les résultats de la réflexion
interministérielle en cours pour prendre des mesures. Les directeurs
généraux se sont interrogés sur l'intérêt
de créer une structure ministérielle mais là aussi
les possibilités immédiates resteraient trop limitées
(mise à disposition croisées) par rapport au besoin immédiat.
La spécialisation de l'informatique implique des niveaux de recrutement
de plus en plus élevés et dans ce contexte il est nécessaire
de repenser le recrutement des informaticiens qui étaient jusque
là des généralistes.
Une des pistes consiste à envisager le recrutement de contractuels
: sous quelles formes, avec quels contrats et quelles durées ?
Retour au plan.
III L'état quantitatif et qualitatif des effectifs et des compétences
Pas d'évolution à la hausse des effectifs informatiques
:
Monsieur Bonnet a réaffirmé que la douane ne pouvait pas
se permettre de faire évoluer à la hausse les effectifs
informatiques et que les solutions devraient être trouvées
à périmètre constant.
Il nous a également indiqué que la piste d'une délocalisation
du CID avait même été envisagée, mais rapidement
écartée en raison des nombreuses difficultés inhérentes
à ce type d'opération.
Rééquilibrage :
Pour SUD Douanes la seule variable d'ajustement réside dans un
rééquilibrage planifié de la charge de travail entre
les deux centres de calcul en fonction des mouvements de personnel. Ce
rééquilibrage ne doit pas évidemment pas se faire
dans n'importe quelles conditions. Le transfert de la LCF est pour nous
un exemple à ne pas suivre dans la mesure où la délocalisation
de la charge de travail a eu lieu sans transfert d'effectif.
Monsieur Bonnet a déclaré ne pas être à priori
hostile à un certain rééquilibrage de la charge de
travail entre le CID et la DNSCE. Mais il a fait remarqué que transfert
d'un pôle applicatif pouvait difficilement être comptatible
avec le respect du tableau des mutations dans la mesure où il y
a peu de chances que l'ensemble des agents transférables soient
les mieux placés.
Pour nous cet obstacle peut être levé dès lors que
la décision résulte d'un consensus, que sa mise en œuvre
est planifiée et que les règles sont connues de l'ensemble
des agents. En annonçant suffisamment à l'avance le transfert
d'un pôle de compétence, les agents du CID bien placés
au tableau pourraient être affectés sur les applications
concernées et ainsi réaliser un réel transfert de
compétence entre les centres. Le respect du tableau des mutation
nous paraît être la seule garantie d'une adhésion des
personnels à ce type de rééquilibrage.
Retour au plan.
IV La gestion prévisionnelle des emplois et des compétences
des personnels informaticiens :
L'évaporation des personnels TAI.
Voilà bien le cœur du problème pour l'administration:
comment éviter les départs massifs du CID (63 départs
en A et 53 en B les 6 dernières années) dès les premières
années d'affectation ?
Nous avons regretté l'absence d'analyse sur les motivations de
ces départs en faisant remarquer que dans certains cas les explications
étaient très naturelles ( raisons familiales, mutations
sur autres postes informatiques, réussite concours autres administrations
), et dans d'autres cas un peu plus inquiétantes (désintérêt
du travail proposé). Selon nous, une enquête aurait pu être
menée auprès des agents concernés afin de compléter
le dossier.
Monsieur Bonnet s'est déclaré préoccupé par
ces départs rapides de la filière informatique de lauréats
d'un cours spécial dans la mesure d'une part où cette situation
pose un problème d'équité dans la manière
d'accéder à la fonction d'inspecteur des douanes "classique"
et d'autre part où les critères qui président au
recrutement des informaticiens sont différents de ceux retenus
pour exercer les autres fonctions. L'idée d'introduire une obligation
de service dans l'informatique pendant une période d'environ 5
ans lui paraît donc légitime.
Pour les organisations syndicales, il faut aussi s'attaquer aux causes
plus profondes qui résident à la fois dans le type de postes
proposés en première affectation au CID, dans les possibilités
de mutations internes, dans le contenu des formations proposées.
Les perspectives de carrières.
L'administration considère que les carrières ne peuvent
pas toutes se dérouler à l'intérieur d'une population
trop étriquée de 500 agents.
Nous avons fait remarquer que le nombre de postes RP2F dans les centres
informatiques ( 11 implantés ) était sensiblement inférieur
au taux national (339 RP2F pour 2411 inspecteurs soit près de 14%
) ce qui devrait correspondre à 19 ou 20 postes.
Par comparaison avec la situation des autres rédacteurs, la plupart
des organisation syndicales souhaitent que des agents de catégorie
A soient implantés dans les cellules TSI afin d'offrir des débouchés
à cette filière. Monsieur Bonnet a répondu que cela
lui paraissait difficile dans la mesure où ces effectifs devraient
être prélevés sur ceux des centres.
Monsieur Bonnet a précisé qu'il s'interrogeait sur l'intérêt
de maintenir des agents TAI pour le poste de chef de CISD. Par ailleurs
afin de rendre la pyramide des âges plus proche de la moyenne nationale,
il se demande si la mathode la plus adaptée est de faire systématiquement
appel au tableau national des mutations pour combler les vacances.
La théorie de la passoire :
Monsieur Latombe toujours friand de métaphores, nous a gentiment
expliqué que le CID était une passoire avec beaucoup trop
de trous. Que tant que l'eau s'échapperait par les trous de la
passoire, elle ne pourrait pas se remplir. Parmi les solutions directement
évoquées ou en filigrane figurent :
- La mise en place d'un tableau de mutation par qualification : la
gestion d'un tel tableau se heurterait à notre sens à
de lourdes difficultés de mise en œuvre et de gestion (qualifications
ne correspondant pas forcement aux fonctions exercées, qualifications
correspondant à deux catégories, agents détenant
plusieurs qualifications,…).
- Mutations au profil : monsieur Bonnet a été clair en
indiquant que la préoccupation de l'administration était
de sélectionner des agents détenants les "profils"
nécessaires aux développements des projets, notamment
à la DNSCE. Nous sommes bien évidemment opposés
à l'introduction de cette notion de profil, qui ne présente
aucun gage de transparence et d'équité pour les agents
des centres.
- Recrutement de contractuels: l'administration semble de plus en plus
s'orienter vers cette solution pour trouver des agents "à
profil" tant pour les services de la direction générale
que pour les centres.
- Concours régionaux : cette piste déjà
proposée dans le cadre de Douanes 2005 par la direction de
la DNSCE ne semble pas à priori écartée par la
Division A. Nous restons opposés à la mise en place
de ce type de concours dans la mesure où les tableaux de mutations
permettent d'alimenter la DNSCE.
Retour au plan.
Gageons qu'avec les pistes de travail évoquées lors de ce
groupe de travail la passoire risque bien de se transformer en entonnoir.
Prochaine réunion programmée pour le 18 mars 2003.
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